Renseignement : la DGSE souhaite être connue

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La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) utilise les réseaux sociaux pour améliorer son recrutement et présenter ses diverses formations.

Le diplomate de haut rang qui la dirige, Bernard Emié, l’indique dans une interview à la revue Politique internationale de printemps 2019. Il s’agit de renforcer l’attractivité de la DGSE, d’attirer des jeunes « brillants » et de faire venir ceux qui, par intuition, ne se tourneraient pas vers elle. Selon un sondage qu’elle a commandé fin 2018, sa notoriété s’accroît : 77 % des Français en ont entendu parler, contre 63 % en 2012 ; 89 % lui font confiance (69 % en 2012) ; 82 % s’en remettent à elle pour assurer la sécurité de la France face aux menaces étrangères. La série télévisée Le Bureau des légendes, traduite en 70 langues et vendue dans le monde entier, a constitué pour elle « un formidable vecteur d’influence, de réputation et de recrutement ». Composée d’un tiers de militaires et de deux tiers de civils, elle combine exigence et rigueur, grâce aux premiers, et variété de profils parmi les seconds. Héritière du Bureau central de renseignement et d’action de la France libre créé en 1940, la DGSE reste le seul service « spécial » de l’Etat à mener des actions clandestines. A ce titre, ses unités militaires, regroupées au sein du 44ème Régiment d’infanterie et du « Service Action », ont reçu la fourragère de l’ordre de la Libération en 2018. Parmi les 1.038 compagnons de la Libération, 129 étaient membres des services spéciaux, dont 43 sont morts pendant la guerre. Les personnels civils de la DGSE incluent notamment des médecins, des juristes, des ingénieurs issus des grandes écoles comme Polytechnique ou Supaéro Toulouse, des linguistes de l’Institut national des langues et civilisations orientales et des diplômés de l’Institut des sciences politiques de Paris. La DGSE emploie 6.500 agents pour assurer les fonctions de la CIA (renseignement extérieur et opérations clandestines) et de la NSA (renseignement d’origine électromagnétique) américaines, contre environ 8.700 pour le MI-6 (renseignement extérieur et opérations clandestines) et le GCHQ (renseignement d’origine électromagnétique) britanniques et plus de 6.000 pour le BND allemand. La coopération dans ce domaine entre Paris, Berlin et Londres ne devrait pas être affectée par le « Brexit » britannique, car l’article 4.2 du traité de l’Union européenne précise que « la sécurité nationale reste de la seule responsabilité de chaque Etat membre ». La DGSE contribue, avec la Direction générale de la sécurité intérieure, à identifier et suivre les acteurs de la menace terroriste à l’étranger, dans le cadre du continuum défense et sécurité. Elle identifie, suit et entrave des filières de prolifération d’armes de destruction massive, pour éviter que certains pays acquièrent des technologies dangereuses. Chaque jour, elle présente aux hautes autorités politiques et militaires des renseignements sur l’état de la menace sur les intérêts et la souveraineté de la France, dans le cadre de la fonction « connaissance et anticipation », priorité stratégique. Grâce à des systèmes compliqués, elle détecte l’origine des « fake news » (informations tronquées ou même fausses), relayées sur les réseaux sociaux à des fins politiques. Elle peut supprimer, en quelques heures, les vidéos de propagande djihadiste ou les appels au meurtre pour en limiter l’influence. Enfin, souligne son directeur, la DGSE doit faire comprendre aux dirigeants, publics et privés, les risques liés à l’espionnage et promouvoir la « culture du renseignement ».

Loïc Salmon

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