Exposition « L’ Armistice, 11 novembre 1918 : un document, une histoire » à Vincennes

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La Convention d’armistice de 1918 a été hâtivement rédigée, en français, pour finir la guerre le plus tôt possible. Les généraux en chef allemands Ludendorff et Hindenburg refusent de la signer pour éviter la responsabilité de la défaite.

Le document initial de 13 pages dactylographiées (il en comptera 254 ultérieurement) aura une validité de 36 jours et sera prolongé trois fois. Une ultime séance des négociations de détail se déroule pendant près de trois heures dans un wagon stationné à Rethondes, dans la forêt de Compiègne. L’armistice est finalement signé le 11 novembre à 05 h, pour entrer en application à 11 h par une sonnerie de clairon, répercutée sur la ligne de front.

Document unique. La page 13 du document original, présenté à l’exposition, porte les signatures du maréchal Foch, commandant en chef les armées alliées, de l’amiral britannique Wemyss, « First Sea Lord » (chef d’état-major de la Marine), et des quatre délégués allemands : le secrétaire d’Etat Erzberger, président de la délégation ; l’envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, le comte von Oberndorff ; le général major (général de brigade à l’époque) von Winterfeldt ; le capitaine de vaisseau Vanselow. Le maréchal Foch emporte lui-même l’exemplaire français à Paris, conservé au Service historique de la défense depuis 1921. La délégation allemande est ramenée, à bord d’un avion français, à Spa (Belgique) où se trouve le Grand Quartier général allemand. L’exemplaire original allemand de la convention, qu’elle emporte, a été perdu. Afin d’empêcher toute reprise du combat par l’Allemagne, les Alliés, dont les intérêts divergent, lui imposent des conditions dépassant le strict cadre militaire. Pour sécuriser ses frontières et se relever de ses ruines, la France exige le retrait des troupes allemandes et l’occupation par les siennes de la rive gauche du Rhin, la livraison de matériel et le paiement des dommages de guerre. La Grande-Bretagne obtient des clauses destinées à renforcer sa maîtrise, militaire et commerciale, des mers. Depuis le 9 novembre, le mouvement révolutionnaire allemand s’est étendu à Berlin. Le lendemain, pendant les ultimes négociations de Rethondes, les plénipotentiaires allemands avouent l’épuisement de leur armée, privée de vivres et de munitions. Plus tard, Foch a déclaré que, avec 15 jours de plus, il aurait eu le temps de remporter une victoire incontestable en raison de l’offensive américaine, programmée pour le 14 novembre en vue d’empêcher le repli de l’armée impériale vers l’Allemagne. Selon les notes de l’officier interprète de son état-major, Foch redoutait que, plus tard, l’Allemagne impute sa capitulation à une révolution intérieure et non pas à une défaite militaire, puisque les Alliés n’ont pas franchi sa frontière.

Joie et recueillement collectifs. A l’annonce de l’armistice, les combattants se sentent coupables d’être encore en vie, après la mort de leurs compagnons d’armes, et reprochent aux civils leurs débordements de joie, jugés déplacés. Dès le 8 décembre, les plus hautes autorités de l’Etat se rendent en Alsace et en Lorraine, perdues pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

Loïc Salmon

L’exposition « L’Armistice, 11 novembre 1918 : un document, une histoire » (22 octobre 2018-22 janvier 2019), organisée par le Service historique de la défense, se tient au château de Vincennes (banlieue parisienne). Elle présente photos, objets, drapeaux et documents écrits et cinématographiques. Renseignements : www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr

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