Afrique : zone sahélienne sous tension et résolution de crises

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Outre ses forces prépositionnées et l’opération « Barkhane » au Sahel, la France aide les pays d’Afrique de l’Ouest à se doter de la capacité à assurer leur propre sécurité en toute autonomie.

La situation a été présentée à la presse, le 25 octobre 2018 à Paris, par le colonel Frédéric Garnier, chef du département Afrique de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie, et le colonel Patrice Morand, commandant la base aérienne projetée (BAP) à Niamey (Niger), à l’occasion de la 5ème édition du Forum de Dakar (Sénégal, 5 et 6 novembre). Vecteur de l’influence française et dédié à la paix et la sécurité, ce dernier réunit chaque année environ 500 dirigeants politiques et militaires africains, partenaires internationaux, chercheurs universitaires et membres de la société civile. La 5ème édition porte sur : droits, justice et liberté face aux enjeux sécuritaires ; opérationnalisation du lien entre développement et sécurité durables ; perspectives de coopérations internationales dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Engagement français prioritaire. La bande sahélo-saharienne (BSS) de l’Afrique de l’Ouest compte 80 millions d’habitants en 2018 avec une prévision de 200 millions en 2050. Selon le colonel Garnier, sa sécurité est affectée par : une pauvreté générale ; la faiblesse des pouvoirs publics ; une criminalité organisée (trafics en tous genres) ; des tensions communautaires ; des groupes terroristes liés à Al Qaïda et Daech, dont Boko Haram actif aux Cameroun, Tchad et Niger. L’appui sécuritaire de Paris se manifeste d’abord par les Forces françaises en Côte d’Ivoire (900 militaires) et les Eléments français au Sénégal (350) et au Gabon (350). Plus de 10.000 militaires africains ont bénéficié d’une formation au Sénégal en 2017 et plus de 6.800 au Gabon en 2018. En outre, 80 coopérants sont déployés au sein des armées locales pour les accompagner dans leur montée en puissance. Dans un cadre multinational, l’opération « Barkhane » met en œuvre l’entraînement et l’appui à l’engagement de l’armée malienne ainsi que la préparation de la force conjointe du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad) pour des opérations qui pourraient avoir lieu avant la fin de 2018. Depuis son lancement le 1er août 2014, son dispositif aérien totalise 25.000 heures de vol pour le recueil de renseignement et 75.000 pour l’appui au sol, le ravitaillement et le transport.

Base aérienne projetée. La force Barkhane bénéficie de l’appui de la BAP Niamey, susceptible d’intervenir en une heure dans la BSS et avec un basculement possible vers la base N’Djamena (Tchad), explique le colonel Morand. La BAP Niamey dispose de 450 personnels en alerte permanente avec : 4 drones Reaper (pilotes sur place et règles d’engagement précises), renforcés temporairement par un ATL2 Marine, pour le renseignement ; 2 Mirage 2000D et 2 Mirage 2000C pour l’intervention ; 1 ravitailleur C-135, 2 Transall C-160 et 1 Casa CN235 pour l’appui et la projection. Ces moyens ont pour missions : la neutralisation des groupes armés terroristes par la recherche, la surveillance, la caractérisation de l’objectif et la frappe ; l’aide à la manœuvre terrestre par l’escorte de convois, l’appui feu, l’aérolargage ou les évacuations sanitaires ; l’appui aux partenaires du G5 Sahel. A terme, la BAP Niamey va recevoir des avions A330 Phoenix (ravitailleurs), C-130J et A400M (transport tactique), étendre ses aires aéronautiques, doubler sa capacité de stockage de carburant et intensifier sa coopération avec l’Allemagne et l’Italie.

Loïc Salmon

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