Armée de l’Air : la BA 123, base opérationnelle, de soutien et d’instruction

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La base aérienne (BA) 123 d’Orléans-Bricy, qui accueille la 61ème Escadre de transport, doit assurer la montée en puissance de toutes ses capacités. Le colonel qui la commande l’a présentée à l’Association des journalistes de défense, le 16 novembre 2016.

Plate-forme cohérente. La BA 123 s’étend sur 736 ha avec 2 pistes (1.000 m et 2.400 m) et 33 parkings pour les avions. Son effectif, en progression annuelle de 100 personnels, devrait en compter 3.000 en 2020. La 61ème Escadre de transport est constituée d’avions A400M (10), C130 (14), Twin (2) et TBM (1), dont 50 % en cours de rénovation. Sa capacité de projection et d’intervention mobilise 550 personnes pour 15.000 heures de vol par an dans le monde entier. S’y ajouteront, à terme, des C130H et C130J. En matière de connaissance et d’anticipation, la BA 123 assure la récolte et l’analyse des informations électroniques et remplit des missions de photographie aérienne dans le cadre d’un traité international. Le Commandement des opérations spéciales y a installé l’unité de commandos parachutistes de l’air CPA10. Chaque année, la BA 123 assure des prestations de maintenance : 140.000 heures de travaux sur une trentaine d’avions ; le pliage de 11.000 parachutes ; la rénovation et la réparation des équipements  et des réseaux électroniques. Par ailleurs, des pilotes allemands viennent s’y entraîner au vol tactique, à savoir la capacité à partir en opération avec 2 avions. En contrepartie, des mécaniciens français effectuent des stages en Allemagne.

Centre de formation. Depuis 2008, la BA 123 abrite le Centre d’instruction des équipages de transport, créé en 1946 à Toulouse. Celui-ci standardise toutes les plates-formes de transport aérien et dispense chaque année des cours de connaissances techniques et de procédures, en anglais, à 1.200 stagiaires de toutes les catégories, en vue de leur aptitude au combat de 1 à 4 avions. Il dispose d’un simulateur de vol sur A400M, qui permet d’employer davantage ces avions dans des missions opérationnelles et de réduire la charge financière de la formation des équipages. Les stagiaires, qui ont déjà 300 heures de vol sur C160 et C130, sont formés sur ce simulateur par 9 instructeurs « qualifiés A400M ». Le cockpit est identique à celui de de l’A380 d’Air France. Pilotes civils et militaires viennent y échanger leurs expériences. Les 2 pilotes de l’équipage d’un A400M passent 80 heures sur simulateur avant leur premier vol. Ensuite, ils doivent, chaque année, effectuer 50 heures de vol tactique, notamment en vision nocturne, sur simulateur. Le « load master », 3ème membre de l’équipage, apprend sur simulateur la répartition des charges de la soute, avec exercices de pannes et d’incendie. A terme, le simulateur A400M sera connecté à ceux du Rafale et de l’avion radar AWACS.

A400M, bond opérationnel. L’A400M peut emporter au choix : 1 hélicoptère Tigre ou Caïman ; 2 véhicules de l’avant blindé ; 1 camion logistique ; 54 soldats équipés et 9 palettes de fret militaire. Les sauts en parachute à ouverture retardée se font à 4.000 m par la porte arrière, mais ceux en automatique, par les portes latérales, sont encore en expérimentation. Nécessitant moins d’escales, l’A400M permet de réduire les aléatoires négociations diplomatiques. En 2016, après 500 heures de vol sur A400M, le pilote devient commandant de bord. Il transmet alors son expérience tactique antérieure sur C130 ou C160 aux jeunes pilotes de transport, qui seront bientôt formés directement sur A400M.

Loïc Salmon

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