Afrique : coopération française en matière de sécurité maritime

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La sécurité de son espace maritime garantit à l’Afrique la pérennité de son développement économique. La France y contribue par ses forces prépositionnées à terre et sa présence en mer.

Cette coopération a été présentée à la presse le 13 octobre 2016 à Paris.

L’opération « Corymbe ». Depuis les années 1990, un à deux bâtiments de la Marine nationale sont déployés en permanence dans le golfe de Guinée, dans le cadre de l’opération navale « Corymbe ». Celle-ci assure la protection des intérêts français dans cette zone et soutient le dispositif militaire français prépositionné au Gabon, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Elle participe au renforcement des capacités des Marines des différents pays riverains. Le sommet franco-africain de Yaoundé de juin 2013 a débouché sur la tenue d’exercices navals communs dénommés « Nemo » pour :  lutter contre le narco-trafic et la pollution marine ; assurer la police des pêches et le sauvetage en mer ; entraîner les Marines des pays riverains et les centres de contrôle à terre. Destinés à accompagner la volonté des pays africains à renforcer la sécurité maritime régionale, les execices « Nemo » s’appuient sur « Corymbe » et les éléments français au Gabon, auxquels viennent s’agréger des navires battant divers pavillons européens. Celui qui s’est déroulé du 13 au 16 septembre 2016 a impliqué les Marines du Cameroun, du Nigeria, du Bénin, du Togo, du Ghana et de Côte d’Ivoire et mobilisé 1 frégate nigériane et 6 patrouilleurs. Il a donné lieu à 7 exercices de visite et d’intervention sur un navire suspect, de sa détection initiale à son déroutement (photo). Plus de 50 marins africains ont embarqué sur des navires français, à savoir le bâtiment de projection et de commandement Dixmude et le patrouilleur de haute mer Commandant-Ducing. A cette occasion,  71 élèves (13 nationalités différentes) des Écoles navales à vocation régionale (ENVR) ont embarqué pendant 4 jours, pour participer à la vie d’un bâtiment en opération et se former aux techniques de la navigation et de lutte contre l’incendie. Actuellement, la Direction de la coopération de sécurité et de défense du ministère français des Affaires étrangères contribue au soutien de 17 ENVR dans 10 pays africains. Celles-ci assurent 60 enseignements différents, dont le service de santé, le déminage, le maintien de l’ordre, la police judiciaire, le génie et les travaux maritimes, la formation des cadres, la protection civile et la sécurité maritime. Par ailleurs, un officier français est détaché auprès des états-majors des Marines du Sénégal, de Côte d’Ivoire et du Togo. Il participe à la la planification des exercices navals lors des escales des bâtiments français.

Le sommet de Lomé. La sécurité maritime en Afrique, surtout dans le golfe de Guinée, a été le thème du sommet franco-africain tenu le 15 octobre 2016 à Lomé (Togo). Quelque 30 pays africains ont signé une charte les obligeant à : délimiter leurs frontières maritimes ; échanger leurs informations et expériences dans la lutte contre la piraterie, les trafics en tous genres et la pêche illégale. L’Union africaine va établir un fonds de sûreté et de sécurité maritimes et constituer une commission de 15 ministres, désignés pour 3 ans, pour assurer le suivi de ces accords. La France a réaffirmé son soutien en matière de sécurité globale : lutte contre la piraterie ; formation des armées africaines ; maintien de forces de présence en Afrique ; contribution au développement des capacités des pays africains pour qu‘ils assurent eux-mêmes leur propre sécurité.

Loïc Salmon

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