Intelligence économique et renseignement

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L’intelligence économique (IE), indispensable à toute entreprise, couvre l’information « ouverte », donc accessible de manière licite, et se pratique dans le strict respect de la loi.

Les informations ouvertes représentent 95 % de l’information globale. A l’issue de leur collecte, corrélées les unes avec les autres et mises en perspective avec les objectifs à atteindre, elles se transforment en renseignements. Ceux-ci servent au montage de scénarios, en vue de décider l’option à mettre en œuvre. Cette démarche suit un cycle : examiner la situation et les besoins, orienter selon les objectifs ; rechercher par différents capteurs ; exploiter par recoupement, évaluation, comparaison et analyse ; diffuser auprès des personnes les plus concernées ; réexaminer de la situation. Toute entreprise en pointe dans un domaine particulier dispose d’informations stratégiques susceptibles d’intéresser ses concurrentes, américaines et chinoises notamment, qui ne s’embarrassent guère de « morale ». L’IE « défensive » vise à protéger ces informations et prévenir les actes de malveillance et les négligences, externes et internes. En effet, 80 % des cas de perte ou de destruction d’informations sensibles viennent de maladresses du personnel ou de l’absence de sauvegarde fiable des équipements ! Au niveau de son patrimoine immatériel, toute entreprise encourt des risques accidentels (dégâts des eaux, incendies ou explosions électriques) et des erreurs dues à un manque d’attention ou d’incompétence (effacement de données ou erreurs de saisie). En outre, elle va devoir affronter des menaces directes ou indirectes : espionnage, perturbation du système d’information, vols de données, fraudes physiques, usurpation ou chantage envers le personnel. Outre la recherche et la diffusion de l’information utile, l’IE « offensive » vise à anticiper et même maîtriser les évolutions d’un marché ou à réduire l’avantage concurrentiel d’un adversaire économique. Elle permet d’influencer les décideurs, souvent politiques, en vue de favoriser la stratégie et les actions de l’entreprise. Elle inclut le « lobbying », ensemble des techniques de communication pour anticiper et agir sur les contraintes ou opportunités normatives, juridiques, politiques, administratives, technologiques ou environnementales. En outre, des scénarios-types, préalablement établis, permettent de gérer rationnellement une crise et d’en limiter la panique qui s’ensuit. La crise résulte de difficultés financières ou juridiques de l’entreprise, d’une atteinte à sa réputation ou même d’actes mettant en péril son existence. L’ouvrage présente, de façon didactique, les étapes de la démarche et les techniques de l’IE ainsi que les divers métiers qui en découlent. Parmi quelques acteurs clés de l’IE, figurent l’Agence pour la diffusion de l’information technologique, la COFACE (assurance-crédit couvrant les risques dans près de 200 pays), la Direction de la protection et de la sécurité de la défense, les Directions régionales du renseignement intérieur, les Douanes, la Gendarmerie nationale (cellule intelligence économique régionale) et le Service de coordination à l’intelligence économique. Des formations spécifiques sont assurées à Paris, notamment par l’Institut des hautes études de défense nationale, l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice et l’École de guerre économique.

Loïc Salmon

Renseignement et intelligence économique : complémentarité et divergences culturelles

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Sécurité : l’usurpation d’identité, un risque mal maîtrisé

 

« Intelligence économique et renseignement » par Jean-Christophe Damaisin d’Arès. Éditions JPO, 176 pages, 39 €.

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