Irak : le volet « assistance » de l’opération « Chammal »

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La participation de la France à la coalition contre l’organisation terroriste Daech (« État islamique ») en Irak porte sur le bombardement aérien d’objectifs, déterminés en toute autonomie, et une assistance en matière de conseil et de formation aux troupes irakiennes au sol. Ce dernier volet a été présenté à la presse, le 5 novembre 2015 à Paris, par un colonel ayant commandé un détachement d’instruction opérationnelle (DIO). Il s’agit d’améliorer les capacités existantes des troupes irakiennes par un recyclage de leur instruction militaire initiale, en évitant l’accompagnement au combat, souligne le colonel. Depuis le 1er août 2014, un DIO, installé dans la ville d’Erbil (Nord de l’Irak), assure une formation sur le déminage des engins explosifs improvisés (IED en anglais). Depuis mars 2015, un DIO de la 13ème Demi-brigade de la légion étrangère est présent dans la capitale Bagdad, auprès du Service irakien de lutte contre le terrorisme (ICTS en anglais). En outre, un DIO de la 3ème Brigade légère blindée est déployé dans la zone d’opération de la 6ème Division irakienne (DAA 6, 10.000 hommes), engagée directement au combat contre Daech et qui subit régulièrement des pertes à tous les échelons de sa hiérarchie aux abords de Bagdad et de Falloujah. La formation dispensée porte sur : la lutte contre les IED et le génie de combat ; le secourisme de combat ; le combat d’infanterie ;  le combat en zone urbaine ; les travaux d’état-major. Le DIO du colonel en question a compté un effectif de 61 personnels (17 officiers, 19 sous-officiers et 25 soldats), qui assure sa propre protection par des fantassins et des éléments du génie lors de ses déplacements dans la zone d’opération de la DAA 6. En matière de « conseil », l’assistance porte sur : les transmissions ; la logistique, à savoir commande de munitions, piles d’appareils radio et pièces de rechange pour les véhicules, gestion des stocks et acheminement au front ; les travaux d’état-major consistant à préparer les opérations, synchroniser les efforts face à l’adversaire, gérer des appuis (tirs d’artillerie et d’aviation) et suivre la situation tactique. La « formation » proprement dite enseigne les gestes simples à faire au bon moment. Ainsi, pour le déminage, le soldat apprend à localiser l’IED, le marquer et passer le relais aux démineurs. Le secourisme de combat, comme la pose d’un garrot par exemple, est  enseigné aux soldats et aussi aux médecins militaires qui seront déployés sur le front. Ces deux domaines correspondent aux besoins prioritaires de la DAA 6, car adaptés aux modes de combat des troupes de Daech. En outre, le DIO a organisé 17 stages d’une à deux semaines, à raison d’un tous les 10-15 jours, pour instruire 150 formateurs irakiens. En un an, ceux-ci seront en mesure de former la totalité de l’effectif de la DAA 6. Enfin, indique le colonel, cette assistance s’inscrit dans un dialogue permanent entre le DIO et la DAA 6 : constat et identification des problèmes ; analyse des causes externes et internes ; recherche de solutions faisables, acceptables et compatibles ;  applications en situation opérationnelle. L’analyse des résultats détermine si une solution fonctionne, est améliorable ou doit être abandonnée.

Loïc Salmon

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