Les Animaux et les Armées

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Auxiliaires de combat, portefaix, moyens de transport, compagnons de parade ou mascottes, les animaux continuent d’accompagner les troupes, malgré la motorisation engagée depuis un siècle.

L’Établissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) leur rend hommage en 60 photos, prises dans une vingtaine d’unités. Sur les 14 millions d’animaux enrôlés pendant la première guerre mondiale, 120.000 seront décorés pour faits de guerre. Les animaux consommateurs de rats et d’autres rongeurs sont très appréciés dans les bateaux et les tranchées. Le Service de chiens de guerre, créé en 1915, comptera 15.000 recrues. Certains sont postés comme guetteurs dans les postes d’écoute. Le transport de munitions mobilise 450 chiens de traîneaux. Les chiens-secouristes vont chercher les blessés sur le champ de bataille, sous les tirs croisés des deux camps. En 1939, des chiens peuvent embarquer à bord de sous-marins pour détecter les gaz toxiques. Dès mars-avril 1940, les équipes cynophiles de la 5ème Armée entraînent des chiens pour la garde, le pistage, la détection de mines et la recherche des blessés. En 2010, des binômes soldat/chien partent en opération en Afghanistan. Les détachements d’ouverture d’itinéraires piégés utilisent des chiens pour la reconnaissance et la détection de mines. Le 14 juillet 2014, le 132ème Bataillon cynophile de l’armée de Terre défile sur les Champs-Élysées à Paris, comme la traditionnelle Garde républicaine à cheval (photo). Plus noble conquête de l’Homme, le cheval paie d’un million de morts sa participation au premier conflit mondial, notamment lors des reconnaissances en première ligne. Il continuera à remplir des fonctions logistiques pendant le second. C’est à cheval, avec une cage sur le dos, que se déplacent les équipes du Service colombophile, qui réquisitionne 60.000 pigeons pour servir d’agents de liaison dans les armées. En 1940, des mulets, au pied sûr, sont acheminés par bateau à partir de Brest pour la campagne de Norvège, afin d’assurer la logistique en terrain difficile. Chaque mule de la 5ème Armée peut transporter plus de 150 kg de charge. Les ânes ne sont pas en reste. Utilisés pour le transport de vivres, d’armes et de munitions jusque dans les tranchées pendant la guerre de 1914-1918, plusieurs milliers meurent, fauchés par la mitraille ou noyés dans les trous d’obus remplis d’eau. En 1982, les soldats du Bataillon français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban partent en patrouille avec un âne, qui porte leur barda. Les dromadaires, bien connus des garnisons en Algérie avant la première guerre mondiale, restent les montures idéales en milieu désertique pour le 5ème Régiment interarmes d’outre-mer. Enfin, les mascottes varient selon les unités et les théâtres d’opérations. La chèvre, symbole de courage et d’agilité, plaît aux soldats de la 3ème Armée durant la « drôle de guerre » (1939-1940). Pour le 3ème Régiment de tirailleurs algériens engagé dans les Vosges en 1944, c’est le singe. Des soldats du 19ème Bataillon de chasseurs à pied préfèrent le chien, fidèle compagnon. Les régiments de la Légion adoptent des chats pendant la guerre d’Indochine, puis des béliers, boucs, moutons et chèvres pendant celle d’Algérie, ou une mangouste en Côte d’Ivoire en 2003. L’aigle, pourtant mascotte des hommes du 1er Régiment de chasseurs parachutistes en 1945, a été détrôné par l’épervier (« charognard »)…sur leurs épaulettes !

Loïc Salmon

Les cavaleries de l’Histoire

Défilé 14 juillet 2014

« Les Animaux et les Armées »  ECPAD, agence d’images de la défense, 10 €.

Boutique : <http://www.boutique.ecpad.fr>

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