Les drones dans les forces terrestres

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L’armée de Terre utilise des drones en Afghanistan pour mieux évaluer la situation sur le terrain, en vue de protéger les combattants de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS). Dans une opération, même réussie, l’opinion publique ne retiendra que le nombre de morts. Le colonel Stéphane Morelli a présenté l’emploi opérationnel des drones par les forces terrestres au cours de la 5e Rencontre aviation civile aviation militaire, tenue à Paris le 19 mai 2011.

Les drones réalisent des missions de protection et d’appui renseignement au sein de modules multicapteurs, qui incluent radars, ballons et systèmes de détection acoustique. Si le ballon ou le radar détecte quelque chose de suspect, un petit drone de renseignement au contact (DRAC) va reconnaître l’endroit dans les 15 minutes pour confirmer ou non le risque. Cela va de la détection d’individus armés suspects se préparant à harceler un détachement de la coalition à celle de repères de l’emplacement de mortiers. Les détections d’indices difficilement décelables au sol sont essentielles pour prévoir les intentions des insurgés, adapter sa propre manœuvre et disperser les adversaires en minimisant l’effet de leurs tirs. En Afghanistan, les DRAC ont effectué 558 missions et 445 heures de vol entre le 23 octobre 2010 et le 19 mai 2011. Mais, les opérations extérieures ne représentent que 22 % de leur utilisation, contre 37 % pour l’entraînement et 22 % pour l’instruction. L’emploi des drones et leur évolution dans l’espace aérien varient en fonction de leur poids. Un microdrone de moins de 2 kg et volant à 50 m d’altitude aide une section dans un rayon de 2 km. Un mini-drone (8-10 kg, 150 m) appuie un sous-groupement  ou un groupement tactique jusqu’à 10 km. Enfin, un drone tactique (180-500 kg, 1.500 m) protège un groupement tactique, une brigade ou une division dans une profondeur de 80 km. « L’homme reste toujours dans la boucle pour contrôler le système, sa route et une altitude bien déterminée », souligne le colonel Morelli. En cas d’urgence, le drone tactique Harfang, équipé d’un GPS, peut revenir automatiquement à sa base de départ et se poser avec une précision de 50 m. Le SDTi, autre drone déployé en Afghanistan depuis novembre 2009, y a effectué 525 missions pour la FIAS et 1.400 heures de vol jusqu’au 19 mai 2011. Ses missions ont consisté à protéger une force (78 %), faire du renseignement (20 %) et protéger un convoi attaqué (2 %). Le SDTi apporte un appui à une force terrestre lors du désengagement d’une opération, quand les accrochages sont les plus nombreux. Il réalise des dossiers images en préparation d’une opération. Il confirme une identification dans le cadre du renseignement multicapteurs. Il assure la reconnaissance d’un axe terrestre en termes de fluidité et de sécurité. Il confirme ou infirme un objectif potentiel avant son traitement par l’artillerie ou les hélicoptères. Enfin, il évalue les dommages. Les personnels de mise en œuvre, très expérimentés, sont tous d’anciens techniciens et pilotes de l’aviation légère de l’armée de Terre, indique le colonel Morelli. Les retours d’expérience permettent de déterminer les améliorations des performances à apporter et qui varient selon les types de drones. L’endurance des mini-drones et des drones tactiques doit être accrue pour appuyer une opération avant, pendant et après.  Enfin, les besoins logistiques doivent être réduits pour que le coût de l’heure de vol d’un drone tactique ne dépasse pas 1.000 € lors de son déploiement au sein d’une force terrestre.

Loïc Salmon

Le drone SDTi (système de drone tactique intérimaire) de l’armée de Terre.

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